Le Cercle des poètes disparus

Affiche du Cercle des poètes disparus au théâtre avec Xavier Gallais dans le rôle de John Keating

On a vu Le Cercle des poètes disparus.Et on en est ressorti le cœur battant, l’âme réveillée, avec cette envie irrépressible de vivre pleinement.

Ce spectacle n’est pas une simple adaptation. C’est une secousse émotionnelle, un rappel puissant de ce que l’art peut faire à nos vies quand il ose parler d’essentiel.

Dans une école prestigieuse aux traditions rigides, un professeur de littérature arrive avec une idée simple et vertigineuse : ne pas avoir le sentiment d’avoir raté sa vie avant de mourir. Oser rêver. Oser douter. Oser refuser les chemins tout tracés. Apprendre à penser par soi-même, comme Socrate, en questionnant ce que l’on croit acquis.

S’attaquer à un monument tel que Le Cercle des poètes disparus est un pari audacieux. Marcher dans l’ombre de Robin Williams, inoubliable John Keating, relève presque de l’impossible. Et pourtant, le pari est magnifiquement tenu.

Dans le rôle du professeur Keating, Xavier Gallais est impressionnant. Sans jamais chercher l’imitation, il compose une version personnelle, d’une grande finesse. Là où Robin Williams brillait par une énergie solaire, Gallais choisit l’intériorité, la nuance, le silence. Le talent n’est pas de copier, mais de trouver dans ses tripes une manière intime de ressentir et de vivre un personnage. Il joue l’invisible, l’inexprimable — et c’est bouleversant.

Autour de lui, les acteurs sont remarquables. Tous. Ils incarnent avec justesse les figures archétypales de l’adolescence — le timide, le rebelle, le rêveur, le rigolo — et créent ensemble ce cercle secret où l’on partage des poèmes, mais surtout des émotions, des peurs, des désirs profonds. Une véritable communion.

La pièce devient alors une montagne russe émotionnelle : on rit, on doute, on s’émeut, on souffre. Le drame d’un jeune garçon rêvant de devenir acteur face à l’autorité d’un père inflexible frappe en plein cœur. Le théâtre rappelle ici une vérité essentielle : le bonheur ne se trouve pas dans le renoncement, mais dans l’écoute de ses rêves.

La mise en scène, intelligente et fluide, nous fait voyager d’une salle de classe à une grotte secrète, puis à un théâtre dans le théâtre, sans jamais rompre l’émotion. Mention particulière à Etan Oliel, d’une sensibilité saisissante, qui confirme une fois encore l’étendue de son talent.

Les applaudissements nourris et la standing ovation finale disent tout.
Cette pièce fait du bien. Elle élève. Elle réveille.

Un spectacle qui ne se contente pas d’être vu, mais qui se ressent — et continue de vibrer longtemps après le rideau.

Rédacteur : Maxime Dorian

Théâtre Libre – Du 10 septembre au 17 janvier 2026 – Reprise le 13 février au Théâtre Antoine.

De : Tom Schulman

Adaptation : Gérald Silbeyras

Metteur en scène : Olivier Solivérès

Avec en alternance : Olivier Bouana, Julien Despont, Yvan Garouel, Lancelot Jardin, Christophe Laubion, Octave Lemarchand, Victor Mons, Ethan Oliel, Maxence Seva, Basile Sommermeyer, Antonin Dalvy, Gabriel Ecoffey-Zeller, Joseph Hartmann et Arthur Toullet.

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