Nnena Kalu remporte le Turner Prize

Nnena Kalu devant une sculpture suspendue colorée exposée lors du Turner Prize

L’artiste écossaise est distinguée par la plus prestigieuse récompense de l’art contemporain britannique.

Créé en 1984, le Turner Prize salue chaque année un·e artiste né·e ou vivant au Royaume-Uni. Cette victoire marque un moment important. Elle consacre une œuvre abstraite puissante, développée depuis plus de vingt ans.

Connue pour ses sculptures suspendues, Nnena Kalu travaille à partir de matériaux recyclés. Tissus, films plastiques et bandes VHS composent des formes denses et colorées. Ainsi, son travail impose une présence physique immédiate.

Une œuvre abstraite, suspendue et expressive

Connue pour ses sculptures suspendues, Nnena Kalu travaille à partir de matériaux modestes : tissus recyclés, films plastiques, bandes VHS. Assemblées en structures denses et colorées, ses œuvres évoquent des formes organiques — nids, cocons, masses en tension — marquées par une forte présence physique.

L’artiste était notamment nommée pour Hanging Sculpture 1–10, une installation monumentale conçue pour un ancien site industriel à Barcelone. Le jury a salué un travail « audacieux et captivant », soulignant sa capacité à transformer un geste expressif en formes abstraites saisissantes.

Au-delà du symbole, la reconnaissance d’une pratique singulière

Autiste et présentant des limitations dans la communication verbale, Nnena Kalu est accompagnée depuis 1999 par l’association ActionSpace, qui soutient des artistes ayant des difficultés d’apprentissage. Longtemps marginalisée, son œuvre bénéficie aujourd’hui d’une reconnaissance institutionnelle majeure.

Pour le président du jury, Alex Farquharson, directeur de la Tate Britain, cette récompense ne relève pas d’un geste symbolique, mais d’une conviction forte quant à la qualité et à l’originalité de la pratique de l’artiste, indissociable de son identité.

Avec cette victoire, Nnena Kalu élargit les récits dominants de l’art contemporain et rappelle que la force d’une œuvre réside avant tout dans sa capacité à imposer une présence — durable, singulière, incontournable.

Rédacteur : Maxime Dorian

Photo : (OLI SCARFF / AFP)

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