« Inavouable » : un spectacle qui ne se l’avoue pas tout à fait

Alexis HK et Benoît Dorémus sur scène dans le spectacle Inavouable au Café de la Danse

Il n’est jamais évident d’écrire sur l’humour, tant chacun en possède une perception différente. Avec Inavouable, les deux artistes revendiquent un univers irrévérencieux, flirtant avec les sujets de société : la bifle, le ghosting, la drogue chez les plus de quarante ans ou encore la violence dans les écoles catholiques. Le titre laissait espérer un humour noir assumé, peut-être même un geste artistique radical. On en reste pourtant à un registre assez potache, porté par de courtes chansons aux mélodies très simples et aux rimes rarement raffinées.

Par moments, cela fonctionne : quelques fulgurances, un refrain maladroitement entêtant, un clin d’œil qui fait mouche. Le spectacle rappelle par instants les pastilles chantées de la bande originale sur France Inter : de petites ritournelles aux rimes pauvres mais facilement mémorisables, drôles justement parce qu’elles ne durent que le temps d’une chansonnette. Sur plus d’une heure de spectacle, l’effet s’essouffle parfois.

L’abondance d’instruments – guitares sèches et électriques, ukulélé, flûtes (jusqu’à la péruvienne), piano miniature – pourrait laisser imaginer une richesse musicale. Il n’en est rien : les mélodies restent très basiques, presque anecdotiques, comme si l’accumulation d’objets instrumentaux valait pour proposition artistique. Entre musique et humour, le spectacle semble hésiter, sans jamais pousser l’un ou l’autre suffisamment loin.

Les chansons abordent pourtant l’actualité avec irrévérence, et le public, majoritairement, semble y trouver son compte. L’univers, très particulier, a manifestement son public – amateurs de blagues parfois graveleuses et d’un humour pas toujours très pointu. On aurait aimé que les artistes assument pleinement leur démarche, un peu à la manière d’un Philippe Katerine, quitte à aller plus loin dans l’absurde ou le décalage.

Inavouable est donc un spectacle inégal : sympathique par moments, répétitif à d’autres. Il laisse la sensation d’une idée qui pourrait être poussée plus loin, plus fort, pour devenir réellement singulière. Mais pour ceux qui aiment les petites provocations et l’humour potache, la soirée pourra tout à fait fonctionner.

Rédacteur : Maxime Dorian

Café de la danse – 3 décembre 2025

Avec : Alexis HK et Benoît Dorémus

Album sorti le 7 novembre

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