CRITIQUE — Viva l’Italia ! par le Ciné Trio

Affiche du concert Viva l’Italia du Ciné Trio, hommage aux musiques du cinéma italien.

Le Ciné Trio porte bien son nom : trois musiciens issus de la même promotion du Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris, réunis par une même passion — la musique de cinéma.
Philippe Barbey-Lallia (piano), Cyril Baleton (violon) et Timothée Oudinot (hautbois) forment depuis plusieurs années un ensemble devenu incontournable : près de 500 arrangements au répertoire et près de 1 000 représentations.

Le Temple de Port-Royal — son plan cruciforme, ses murs de pierre, ses réverbérations longues et enveloppantes — offrait un écrin idéal à cette soirée dédiée au cinéma italien. Ici, le son ne se contente pas de résonner : il s’élève, se transforme, devient matière émotionnelle.

Première partie : Nino Rota, la mémoire mélodique

Dès les premières notes, l’on retrouve ce qui fait la signature de Nino Rota : une musicalité chantante, souvent en ton mineur, oscillant entre légèreté populaire et raffinement classique.
Le trio révèle ces contrastes avec une grande finesse : un violon souple, un piano au phrasé très clair, un hautbois qui installe immédiatement la couleur narrative.

Nicola Piovani : nostalgies lumineuses

Viennent ensuite les thèmes de Nicola Piovani — dont Pinocchio, où flotte la nostalgie d’une enfance perdue.
On y entend une joie fragile, presque trompeuse : des mélodies d’apparence légère qui cachent l’ombre de la guerre (La vie est belle).
Le trio souligne ce double mouvement avec beaucoup de sensibilité.

Deuxième partie : Ennio Morricone, l’architecte des émotions

La seconde partie rend hommage à Ennio Morricone, compositeur visionnaire, précurseur d’un langage mêlant classique et textures électro-acoustiques.
Le trio alterne entre thèmes ultra célèbres et pépites moins connues, dévoilant les “arrière-boutiques” harmoniques du compositeur : lignes descendantes, couleurs quasi liturgiques, sentiment de vaste étendue cinématographique.

Un diaporama d’affiches et de photos accompagne la représentation : un dispositif simple, mais qui renforce la puissance narrative de la musique.
Une incartade bienvenue mène même vers le cinéma français avec Le Clan des Siciliens.

À travers Morricone, c’est toute une esthétique qui se dévoile :

« J’ai toujours senti que la musique est plus expressive que le dialogue. » — Sergio Leone
Une phrase qui pourrait résumer la soirée.

Une soirée riche, contrastée, pleinement habitée

Chantants, graves, lourds, émouvants : les pièces s’enchaînent sans jamais perdre l’unité d’un geste musical pensé.
Le Ciné Trio ne se contente pas d’interpréter : il raconte le cinéma.

À suivre en 2026…

Plusieurs concerts thématiques sont déjà annoncés :
In Love — grands thèmes d’amour au cinéma (14 février 2026)
À l’assaut des océans ! — cinéma marin (14 mars 2026)
100 % Ennio Morricone (11 avril 2026)
100 % Steven Spielberg (30 mai 2026)

Un trio à suivre de très près.

Rédacteur : Maxime Dorian

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