Il y a des spectacles qui divertissent. D’autres qui émeuvent.
Et puis il y a My Way, OVNI scénique assumé, show hybride où s’entremêlent humour, chanson, engagement écologique et récit familial plus ou moins imaginaire — c’est selon ce que vous choisirez de croire.
Ce qui est certain, c’est que Willy, en parfait maître de cérémonie, nous embarque dans un voyage singulier : une grande traversée entre Las Vegas et Paris, entre Sinatra et la transition écologique, entre mythe personnel et quête universelle.
Un crooner pas comme les autres
Willy apparaît d’abord à l’écran, backstage, poursuivi par une maquilleuse déterminée et un coach respiratoire alerté. Dès ces premières minutes, le ton est donné :
on rit, on s’attache, et on comprend que tout ici sera jeu, auto-dérision et générosité.
Car Willy ne se contente pas d’incarner un crooner : il en réinvente la figure.
Entouré de 4 musiciens (deux guitares, un piano, une batterie), deux choristes, et soutenu par un écran géant qui amplifie la narration, il nous raconte ce qu’il appelle sa légende familiale :
Sa grand-mère italienne aurait rencontré Frank Sinatra une nuit de 1934, juste après l’arrivée des Américains en Italie.
Neuf mois plus tard… sa mère voyait le jour.
Willy serait donc le petit-fils du crooner américain.
Le serait-il vraiment ?
Dans la famille “A Mansion”, on suit un principe fondamental :
« On ne vérifie jamais une légende. Comme un yaourt : regarder la date de péremption, c’est prendre le risque de la gâcher. »
Et c’est exactement ce que fait Willy :
il nous raconte sa vie comme une fable, une confession drôle et touchante, un spectacle qui jongle avec vrai et faux pour en dire toujours davantage sur l’essentiel.
Du swing… à l’écologie
Car au cœur du spectacle, il y a aussi une autre lutte.
Sinatra se battait contre le racisme.
Willy, lui, a trouvé sa cause : la protection de la planète.
Il en parle sans morale, sans culpabilité, avec humour et recul.
Il raconte sa propre transition, ses hésitations, ses erreurs, ses petites victoires.
Et rappelle que changer, c’est difficile… mais pas impossible.
« Souvent, après une grosse erreur, on se dit quand même : on s’est bien marré. »
Avec My Way, on se marre, oui — mais on réfléchit aussi.
Et peut-être qu’en sortant du Théâtre des Champs-Élysées, on regardera notre planète autrement.
Par amour.
Par lucidité.
Par simple envie de faire un peu mieux.
Un show à la Vegas… en rose
Visuellement, My Way s’amuse des codes des grands shows américains.
Lumières scintillantes, musiciens tout de rose vêtus, chorus percutants :
on se croirait dans une revue de Vegas… sauf que l’on est à Paris, et que tout cela n’est finalement que le décor d’un conte dont Willy est le narrateur-héros.
Le spectacle alterne chansons en anglais (accent français absolument délicieux, volontairement assumé), récits intimes, vidéos détournées, hommages à Sinatra mais aussi à Prince, Eddy Mitchell, et d’autres icônes musicales.
Un crooner français qui chante en anglais… mais que l’on comprend parfaitement : c’est aussi ça, la magie de Willy.
Un final tout en douceur… et une dernière pirouette
Le spectacle se clôt sur une ultime projection vidéo, dernier clin d’œil, dernière part de mythe offerte au public.
On sort de My Way avec un sourire, une émotion simple, et surtout la sensation d’avoir assisté à quelque chose d’unique, un spectacle où la sincérité l’emporte sur la virtuosité, et où l’humour se mêle à un questionnement profondément humain.
À propos des légendes familiales, une dernière question demeure :
Les lumières de Las Vegas se sont-elles éteintes lorsque Sinatra est monté au ciel ?
Ou est-ce encore une invention poétique que Willy veut nous faire croire ?
On ne saura jamais.
Et c’est tant mieux.
Verdict
My Way est un spectacle rare, drôle, musical, touchant, engagé sans être lourd, fantaisiste sans être creux.
Un moment de partage où l’on rit beaucoup, où l’on écoute vraiment, et où l’on reçoit un message simple :
Être passionné, croire à ses légendes, aimer la planète et les êtres qui la peuplent… voilà sans doute le plus beau des shows.
À ne pas manquer.
Sérieusement : n’y allez pas… courez.
Rédacteur : Maxime Dorian

