Au Théâtre Pixel (Paris 18ᵉ), Dans l’enfer des ménages ressuscite Courteline avec une fraîcheur déconcertante. Le spectacle enchaîne quatre scènes de vie conjugale où la mauvaise foi devient un art, la logique un souvenir, et les éclats de rire… une certitude.
On y croise un mari tyrannique qui inflige une « amende » mensuelle à sa femme pour chaque prétendu manquement ; une épouse délicieusement à côté de ses phrases, incapable de prononcer la race du chat ; une femme trompée qui oscille entre drame et coquetterie ; et un jaloux héroïque… surtout quand il s’agit de ne rien faire.
Courteline observe ces petites guerres domestiques avec un sens du détail et une modernité qui surprend : rien n’a vraiment changé, et c’est précisément ce qui fait tant rire.
La mise en scène intimiste du Théâtre Pixel transforme chaque saynète en mini arène, un huis clos où la tension et l’humour montent en même temps. Les comédiens jouent avec une précision chirurgicale : répliques claquantes, silences assassins, gestes anodins devenus explosifs. Chaque scène frappe juste — parce qu’elle sonne terriblement vrai.
On rit beaucoup, parfois jaune, tant ces disputes minuscules ressemblent à celles que chacun a déjà vécues ou observées autour de lui. Dans l’enfer des ménages rappelle avec brio que Courteline reste l’un des meilleurs analystes du couple : mordant, lucide, hilarant… et d’une actualité désarmante.
Un spectacle court, vif, irrésistible — parfait pour redécouvrir Courteline dans un écrin où chaque mot fait mouche.
Rédacteur : Maxime Dorian
Dans l’enfer des ménages
Théâtre Pixel (75018)
Les samedis 1er, 08 et 22 novembre, 06, 13 et 20 décembre, 03, 10, 17 et 31 janvier, 07 et 14 février à 21h00
Auteur : Georges Courteline
Mise en scène: Arnaud Bruyère
Avec: Bernadette Thuriès et Brice Vidaud

